Les supports d’écriture




Différents supports d’écriture cohabitent tout au long du Moyen Age, y compris des supports d’origine très ancienne.


Pour des écrits éphémères, tels que les notes prises par les écoliers ou les marchands, on utilisait


– des morceaux d’écorce d’arbre,


– des planchettes de bois enduites de cire que l’on gravait avec un stylet en métal. L’autre extrémité du stylet était évasée et une fois chauffée, servait à lisser la cire afin de rendre la planche réutilisable.


– ou encore des tablettes de terre.  Ces supports existaient dès l’Antiquité.


Les marchands de la foire de Novgorod en Russie utilisaient des morceaux d’écorce de bouleaux qu’ils gravaient à la pointe d’un stylet et qu’on appelait des « beresty ». Les écoliers de la foire de Paris prenaient leurs cours sur des tablettes de bois enduites de cire (Cassagnes-Brouquet 2003:9).


Pour les écrits destinés à durer, trois types de support ont longtemps cohabité.


Le plus ancien était le papyrus. Sa production était un monopole égyptien. Il fut introduit en Méditerranée par les Arabes et fut peu à peu vendu en Occident. Le livre en papyrus se présente sous la forme d’un rouleau appelé volumen. Les premiers se déroulaient verticalement puis horizontalement, en s’enroulant autour de deux axes.


Le volumen remplace les tablettes d’argile ou de pierre de l’Antiquité car il est plus léger donc plus facile à transporter. Il était notamment utilisé par la chancellerie pontificale : le premier acte conservé en Occident est une lettre du pape Hadrien Ier à Charlemagne (788), le dernier est un acte du pape Léon XI en 1051. A cette époque, le papyrus fut définitivement supplanté par le parchemin (Cassagnes-Brouquet 2003:10).


En effet, après les rouleaux de papyrus ou de parchemin, l’apparition du codex (plusieurs cahiers de parchemin cousus ensemble) change tout. Il est d’abord plus pratique : avec le volumen, le lecteur doit utiliser ses deux mains pour tenir les deux axes et ne peut donc pas écrire en même temps qu’il lit. Le codex est plus facile à poser sur une table et permet donc au lecteur de prendre des notes sur ce qu’il lit.


Avec le codex, on peut également accéder directement à n’importe quelle partie du texte, ce qui n’est pas le cas du volumen où l’on est obligé de lire le texte dans l’ordre où il est écrit.


Enfin, l’expansion du Christianisme, semble avoir joué également son rôle. Les premiers fragments du Nouveau Testament proviennent tous de codex, dès le IIème siècle1. Le codex deviendrait un moyen de se différentier des Juifs, la Torah étant écrite sur des rouleaux.


Aélys


Bibliographie :

– Cassagnes-Brouquet Sophie, 2003, La passion du livre au Moyen Age, Editions Ouest-France.

Medieval Manuscript Blog, British Library

Notre bibliographie plus complète.


Notes :

 

 

  1. The Beginnings of the Codex, Medieval Manuscript Blog, British Library, 12 juin 2015 []

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