Costume

Pour rappel, dans la partie publique de notre site :

Généralités :

La robe n’est pas comme aujourd’hui un vêtement, mais un ensemble de vêtements. Une robe contient plusieurs garnements. La richesse se montre avec tout dans la même étoffe qui montre les moyens d’acheter beaucoup de tissu en une seule fois.1

 

Matières utilisées au XIIe s. en Europe occidentale :
laine, soie, lin, chanvre, coton, ortie

drap pour soie et laine (origine animale)  pour les dessus.

Laine (wool, hair (pour les chèvres et belettes) :

(De quand date la première laine en Europe ? On remonte jusqu’à des fibres sous la poignée d’une dague de Wiepenkathen (-2350 à -1950)2)

La roue à filer a pu arriver dés le XIIe s. en Occident. Elle est mentionnée début XIII dans les registres fiscaux catalans.3

Armure sergée (beaucoup de motifs à base d’obliques apparaissent suite au tissage/décalage à chaque passage : oblique simple, chevron, losange. Le serge losangé (diamond twill) est le vrai nom du « serge diamant ». Ces motifs sont appréciés au Haut Moyen Age et pouvaient même être des signes de richesse. ((Anderlini 2014:3)) Ils sont recherchés fin XIIe s. et deviennent désuets au XIIIe s. suite à l’industrialisation textiles et demeureront dans le tissage domestique. Les gens préfèreront les laines foulées et peignées.

Un seul morceau de laine XIIe (vers 1150) a été retrouvé à Londres, c’est un serge (twill) losangé 2-1. (weft=trame, warp=chaîne) (ci-dessous)

Soie (silk) :

Les différentes soies au XIIe s. :

Le taffetas est la soie en armure toile, la plus simple.

Le cendal est une soie légère et bon marché, monochrome, « utilisée principalement comme doublure, pour les cottes d’armes, bannières ou dans l’ameublement. »4

Le bliaud : soie luxueuse dont on fait les tuniques.

Le samit : soie lourde, satinée, de couleur vive. Si motif, il est visible des deux côtés. Soie de grand prix pouvant être brodée. Servait aussi pour les bannières et les vêtements liturgiques.5.

Des ateliers européens ont tissé du samit et du lampas.6

Le lampas (une sorte de double tissage avec 3 couches).

Un exemplaire archéologique (N°459, fig.79-81) trouvé en 9 fragments à Dukes Place, près de Holy Trinity Priory (fondé en 1108) à Londres dans le comblement XIVe s. d’une fosse. Crowfoot propose une remontée à une datation XI-XIIe s. car de nombreux évêques sur le continent ont porté des vêtements analogues. Par ailleurs, les fragments sont postérieurs à l’incendie de 1132.7

Le drap d’or ou d’argent : soie façonnée à décor d’or ou d’argent

Les XIIe et XIIIe s. sont marqués par l’augmentation de l’utilisation du fil de métal dans la soie comme fil de brocart pour accentuer certains détails comme les pieds ou la tête d’un oiseau. Exemple archéo : 1205: tombe d’Hubert Walter, ‘archevêque de Cantorbery.8 (à creuser les réfs p.110-111 d’Ulger, Bamberg … )

(velours, pas pour nous 🙂 : velours de soie : à partir de 1278 en Angleterre, production italienne au XIVe s.9 )

Le drap d’Areste a un tissage en chevron rappelant les arêtes de poisson. 116 draps répertoriés de mi XIIe au début XIVe s.10)

1201 : Le plus ancien exemple archéologique se trouve dans une tombe danoise du monastère de Sorø, de l’évêque Absalon, .11 Type G1, L8

1185-v1204 : Cathédrale de Bayonne, tombe dite de l’évêque Bernard de Lacarre. Type G1, L8.

(Drap d’areste, type G2 L14 et GL, dans tombe de St Bernard à Clairvaux, mort en 1153, mais déplacée en 1174 et 1178 et ouverte en 1332)

« L’inventaire de la Cathédrale Saint-Paul de Londres mentionne le don par l’évêque Gilbert Foliot décédé en 1187, de deux draps d’areste qui ont été produits au plus tard pendant les années quatre-vingt du XIIe siècle. »12

La chasuble de la chapelle de l’Hôpital de Lisieux, considérée comme possible relique de St Thomas Beckett. Elle aurait pu être portée par le saint lors de son passage dans la région de Lisieux en 1163 ou 1170.13)

 

Premières traces de la soie en Europe occidentale :

  • +IIIe siècle, Holborough, Kent, Angleterre, tombe d’enfant de 1 an dans sarcophage en plomb décoré de figures dionysiaques et de coquillages.14
  • En 301, l’édit de Dioclétien mentionne le salaire journalier d’un tisserand, et indique que c’est le double pour un tisserand de soie.15
  • IVe s., tombe de Colchester, morceau de soie grège (brute) considérée comme venant de Chine.16 Corroboré par la découverte d’une petite balle de soie dans la ville garnison de Loulan inscrite en chinois comme pesant 708,75 g et valant 618 unités monétaires. (La soie était plus légère a transporter que l’or pour payer les garnisons sur la Route de la soie (nom attribué au XIXe s.))
  • VIIe s., quelques fils de soie sur une broderie sur lin dans une tombe d’enfant à Updown, Kent. A ce moment, avec la christianisation, les contacts avec Rome s’intensifient et Rome a accès à la soie.17
  • « Dès le VIIIe siècle, le ver à soie est introduit en Espagne (Almeria) par les Arabes. [déclin au XIIIe] après une production importante et de grande qualité du Xe au XIIe siècle. Almeria, Malaga, Séville, Cordoue, Murcia, Valence et quelques autres villes étaient des centres réputés. Les étoffes d’Al-Andalus étaient exportées en Europe et en Afrique du Nord. »18 (+ développement de la sériciculture à Palerme en Sicile au IXe s., toujours par les Arabes, en lien avec le savoir faire oriental.)
  • VIIIe s., Alcuin de York mentionne des tentures murales en soie tissée d’or offertes par le roi Oswald de Northumbrie (633-641) aux églises qu’il a fondées.19
  • etc… Il y a de la soie en Europe avant le XIIe s. 🙂

 

  • Le roi normand Roger Ier de Sicile au XIe s. veut développer la culture de la soie. L’élevage des vers à soie se fait en Calabre. Les premières soieries issues des métiers italiens sont simples, sans motif, moins colorées que les orientales à la même époque. Elles servent à la consommation locale.

Les origines d’une production industrielle de la soie en Italie Centrale et Italie du Nord remontent au XIIe siècle.20

  • fragments de soie dans la tombe du roi Edouard le Confesseur († 1066) avec motifs animaliers (ci-dessous, les fragments sont en noir, elle est considérée comme un cadeau diplomatique de Byzance de 1043), comme dans de nombreuses tombes XI-XIIe de puissants allemands comme Arnold Ier de Trèves († 1183) ou Philippe de Souabe (†1208).21

En Angleterre, fin XIIe s., la soie vient de Byzance. La 4e croisade de 1204 marque un arrêt suite au sac de Byzance par les Croisés.

  • à Londres, deux cordons de soie tressés aux doigts, XIIe s (n°407 80 cm x 2,5 mm, avec 7 boucles et 408 45,5 cm x 3,5 mm, coloré cramoisi).22

toile pour lin, ortie, chanvre, coton (origine végétale) pour les dessous et doublure.

Armure toile (fils s’entrecroisant l’un sur l’autre)
(un tissu est au XVe s. une ceinture féminine large23

Les toiles se lavent plus facilement.

Ortie :

OTZI avait un couteau à lame de silex emmanchée sur un manche de frêne, dans un fourreau en tissu d’ortie
http://jardindesprit.forumgratuit.org/t … y-5300-ans

L’ortie servait autrefois à la confection de tissus. Les orties européennes ont été abandonnées, car leurs fibres sont trop courtes, et elles ne se prêtent pas à l’industrialisation. Mais il existe toujours des tissus fabriqués avec de l’ortie tropicale : la ramie. L’ortie a été aussi utilisée pour faire du papier.
La ramie , ou ortie de Chine, est une plante textile dont les fibres sont aujourd’hui utilisées dans le papier à cigarettes, les billets de banque, le fil à coudre, les tissus spéciaux, le velours, les filets de pêche, etc. Six mille ans d’utilisation en font l’une des plus anciennes plantes textiles. La ramie n’est pas uniquement utilisée comme une fibre textile, mais aussi comme plante ornementale en Asie. Elle a des feuilles en forme de coeur. Aujourd’hui, la ramie est principalement cultivée en Chine, Brésil, Philippines, Inde, Corée du Sud et Thaïlande.24

(vêtement de fillette en lin et ortie dans tombe du VIIe s. fouillée en 1992 à Flurlingen)25 Cilice de Sainte Claire serait en ortie avec crin de cheval (pique plus que la laine de mouton). L’ortie donne une toile plus douce et moelleuse que le lin. Elle se prépare comme le lin : rouissage (retting), teillage (breaking), cardage (heckling), filage (spinning), tissage (weaving).

Chanvre

Chanvre (Cannabis sativa) pousse vite, plus robuste, plus haut que le lin (2m), moins besoin d’eau, meilleur rendement. Le chanvre est très absorbant (il absorbe autant naturellement qu’un lin en nid d’abeille)26

Lin (linen) :

Le lin (Linum usitatissinum, flax en anglais) se cultive plus facilement sur des sols plus riches et plus humide, pour fibres plus fines. (1m de haut). La finesse est en fils par cm (de 15/12 XIIe à 43/44 XIVe). Le 15/12 est le seul fragment de lin  XIIe s. de Londres,27.

fouilles de Londres, lin vers 115028

Plus le lin est blanchi, plus il coûte cher. Jusqu’à 18 mois de blanchiment (exposition après tissage à la rosée, la lune et la pluie fine).29

Pas d’amidon avant XIVe s., le lin se froisse.

Repassage :

Le repassage médiéval aurait pu se faire au moyen d’un galet chaud.30

Crowfoot parle d’une boule de verre chauffée comme procédé courant :

It was also common to glaze the surface of linen by rubbing the cloth with a heated, hemispherical glass ball. p.18 d’après Cutby 1952.

 

et

Bien que les résidus textiles de lin soient rares dans le Londres médiéval, un outil associé à la finition et au blanchissage du lin est bien représenté, il s’agit du lisseur en verre ou calandre, en verre. Ce procédé donnait une brillance au lin, sur la toile neuve comme après lavage et pour rabattre les coutures. p.81   (A suivre dans Dress accessories…)

Cela permettait de marquer les plis.31

Le coton :

Le coton est soit local (Italie, Espagne, Sicile, piètre qualité car pas même espèce) ou importé de Syrie. Sert pour chemise pauvre ou riche, pour bourrer les gambisons et les auquetons.32

En Italie, l’industrie devient importante vers le XIIe siècle. Le nord du pays bénéficie des cultures du sud et tisse les fils importés, le coton, tissé, pouvant revenir et être vendu en Sicile d’où il était parti simplement filé. Le sud de l’Italie fournit aussi Barcelone et Marseille.33

archéo : chemise en coton de l’infante Doña Maria (1235)

La futaine :

une toile de mélange coton+lin ou coton+laine. Elle est attestée au XIIe s. en Lombardie.34

Une tunique comtale du Xe s. en futaine retrouvée à Toulouse. Véronique Cardon propose un tissu importé d’Egypte où il y a des parallèles, ou d’Espagne. Futaine vient de Fustat, dans les faubourgs du Caire. Résumons, au Xe s., la futaine est un produit importé de luxe. Au XIIe s., c’est un produit grossier produit chez nous et qui s’exporte même vers l’Orient.

Toiles colorées :

Ok lin, coton, chanvre pour dessous mais seulement moins de 5% teints. Les dessous sont couleur naturelle ou blanchis, parce que non visibles, mordançage difficile, et les blanchir préalablement est long et onéreux.35

Le lin teint sera dans d’autres contextes : …linge d’ameublement, motifs imprimés, teinture à réserve (pratique orientale), bannières, houssures, éléments de reliquaire, vêtements luxueux… Nous avons vu que le bleu et la pourpre sont stables. Le brun (à base de brou de noix), certains gris et noirs (à base de noix de galles), sont aussi possibles et tiennent relativement bien.36

Les fourrures :

1127, Concile de Westminster impose aux nonnes et abbesses de ne plus utiliser de fourrures précieuses pour leurs robes, mais uniquement de la fourrure sombre d’agneau ou de chat.

1138 : nouveau concile (de Westminster) interdit l’utilisation de gris, de vair, de sable (zibeline), de martre, d’hermine et de castor.37

Au lieu d’obliger des fourrures discrètes, on interdit les voyantes. Beaucoup de religieuses étaient issues de la noblesse et pouvaient tenir à un certain luxe.38

Il est probable qu’un clerc tenait le compte des entrées [de la chambre royale] et des sorties de matériaux. Si aucun document de ce type n’a survécu pour la période, des paiements pour des draps de laine et des soieries figurent bien dans les pipe rolls, les comptes des sheriffs enrôlés à l’échiquier royal39. Les indications y sont toutefois très concises et peu abondantes, car il semble que l’échiquier ne
soit intervenu pour des paiements de cet ordre que dans la mesure où les caisses de la chambre royale ne pouvaient directement faire face à la dépense.40

Lors de la 3e croisade, Philippe Auguste, Frédéric Barberousse et Richard Cœur de Lion interdisent à leurs chevaliers, entre autres choses, les fourrures de vair, de gris et de sable. (mais aussi les tenues en drap d’écarlate41, les cotes lacées ou découpées et … les femmes.

La peau de chat était utilisée pour les pelissons (entre deux couches de lin). Le pelisson est un vêtement intermédiaire. Danièle Alexandre-Bidon et Marie-Thérèse Lorcin indiquent que le peuple n’aurait pas pu porter de peau de chat s’il l’avait associé au démon. Cette croyance se développe au XVe s.42

Pour Tina Anderlini, la mode se généralise dans la 2e moitié XIIIe s.

Au XIIe s. nous avons quelques représentations de capes doublées de fourrures (vair) pour des personnages de haut rang(fresque à Chinon, psautier de Fécamp). Pour les 6 garnements d’une robe au XIVe siècle, on a la quantité d’écureuils nécessaires (1500 à 4500 écureuils, début XVe s.)

Au XIIIe s., on voit des couvertures doublées de fourrure (Codex Manesse par ex.).

Points de couture historiques :

Cette page est déjà bien longue 🙂 RDV sur la page suivante :

points couture et broderie historiques

où on parlera aussi de fil en quelle matière pour faire quoi.

 

TRI DE REFERENCES (Vous me direz si ça aide…)

Vous pouvez suivre (et voir leurs publications sur academia.edu):

ALEXANDRE-BIDON Danièle (l’enfance, les fabliaux)

ANDERLINI Tina, (Docteur Histoire de l’art, costume )

CROWFOOT E.,(fouilles de Londres)

DESROSIERS Sophie (soie)

EGAN Geoff (fouilles de Londres)

LACHAUD Frédérique (documents financiers)

LORCIN Marie-Thérèse

MANE Perrine (iconographie)

MOLÀ Luca (soie)

MONTEMBAULT Véronique (chaussures)

PRITCHARD Frances, (fouilles de Londres)

RAST-EICHER Antoinette (ortie)

STANILAND K., (fouilles de Londres)

THUAUDET Olivier (accessoires métalliques)

 

Reconstitutrices passionnées :

MAUCLERT Steeve (Ars Fabra)

MEFFRE Bénédicte (Hémiole et le chas)

STOCKTON Jane

WATTIEZ Séverine (Perline la tisserande)

 

SE MEFIER :

BERNAGE georges

NORRIS Herbert

  1. ANDERLINI Tina, 2014, Le costume médiéval au XIIIe siècle (1180-1320), Heimdal, Bayeux, pp 21-25 []
  2. BENDER JØRGENSEN Lise, RAST-EICHER Antoinette, 2014, Searching for the earliest wools in Europe, dans JEREM E., MEID W., Aspects of the Design, Production and Use of Textiles and Clothing from the Bronze Age to the Early Modern Era, NESAT XII, Archaeolingua, Vol.33, Budapest, 2015 pp. 67-72 (Voir sur Academia []
  3. Anderlini 2014:30 []
  4. Anderlini 2014:39 []
  5. Anderlini 2014:39 []
  6. Crowfoot 2004:107 []
  7. Crowfoot 2004:107-112 []
  8. Crowfoot 2004:86-87 []
  9. Anderlini 2014:39 []
  10. DESROSIERS Sophie, 1999, Draps d’areste (II). Extension de la classification, comparaisons et lieux de fabrication, in Soieries médiévales, pp. 89-119. (Voir sur academia []
  11. DESROSIERS Sophie, 1999, Draps d’areste (II), p.110 []
  12. DESROSIERS Sophie, 1999, Draps d’areste (II), p. 110 []
  13. DESROSIERS Sophie, 1992, Une soierie médiévale à grands losanges bicolores apparentée aux draps d’Areste, CIETA, Bulletin 70. (Voir sur academia []
  14. Crowfoot 2004:82 []
  15. Crowfoot 2004:82 []
  16. Crowfoot 2004:82 []
  17. Crowfoot 2004:82 []
  18. (Anderlini 2014:37) et MOLÀ Luca, 2009, The Italian Silk Industry in the Renaissance, in Le Mariegole dei tessitori di seta: i veluderi (1347-1474) e i samitari (1370-1475), ed. Simone Rauch, Fonti per la Storia di Venezia, Venice 2009. (Voir sur academia) []
  19. Crowfoot 2004:82 []
  20. (Anderlini 2014:37) []
  21. Crowfoot 2004:86 []
  22. Crowfoot 2004:138- []
  23. JOLIVET Sophie, 2003, Pour soi vêtir honnêtement à la cour de monseigneur le duc : costume et dispositif vestimentaire à la cour de Philippe le Bon, de 1430 à 1455. thèse Sciences de l’Homme et Société. Université de Bourgogne, 2003. Français, pp. 151-152 (Voir en ligne sur archives ouvertes) []
  24. http://www.grand-sud-medieval.fr/forum/viewtopic.php?f=20&t=5041 Consulté mai 2018 []
  25. Anderlini 2014:3 []
  26. Anderlini 2014:6 []
  27. CROWFOOT E., PRITCHARD F., STANILAND K., 2004, Textiles and Clothing, c.1150-c.1450, The Boydell Press, fig.56, p81, Aldermambury, n°414, 20x15mm pour le plus gros fragment ! a résisté à la combustion, ce qui le fait mentionner comme fibre végétale, même s’il n’a pas formellement été identifié comme du lin, la laine étant très inflammable. Les fragments de lin de Londres XIIIe et XIVe s. ont probablement été utilisés comme papier toilette ou serviette hygiènique. La laine servait aussi. Revenons au fragment XIIe s., il a un motif au tissage en huckaback et a pu servir pour le linge de table, serviette, torchon ou coussin. Le huckaback : Si ce nom évoque (en anglais !) des images de vagabonds et d’aventuriers, il y a de bonnes raisons. Les racines du nom de ce tissage de lin huckaback remontent au Moyen Age, quand les marchands ambulants trimballaient leurs marchandises en lin sur leur dos. Ce nom s’applique maintenant à un tissage spécifique, généralement utilisé dans la fabrication des serviettes de bain. Cette méthode traditionnelle de tissage crée une surface irrégulière et un motif en nid-d’abeilles, qui rend le tissu encore plus absorbant en augmentant son volume. Les serviettes « huckaback » ne sont pas seulement super-absorbantes, elles sèchent très rapidement, sont légères et prennent très peu de place, qualités qui les rendent indispensables dans la salle de bain et idéales pour le voyage. (source : https://www.linenme.fr/blog/comment-comprendre-le-langage-du-lin/Tina Anderlini précise que huckaback : tissage œil de perdrix, et que le waffle est le « nid d’abeilles » (note 24 p7)

    Il y a du huckaback sur le linceul de Ste Bathilde morte en 680. Un autre en « nid d’abeille » à York au Xe s. []

  28. CROWFOOT E., PRITCHARD F., STANILAND K., 2004, Textiles and Clothing, c.1150-c.1450, The Boydell Press. []
  29. Anderlini 2014:5 []
  30. Anderlini 2014:6, d’après CROWFOOT E., PRITCHARD F., STANILAND K., 2004, Textiles and Clothing, c.1150-c.1450, The Boydell Press, pp.18 et 81 []
  31. Anderlini 2014:6 []
  32. Anderlini 2014:6-11 []
  33. Anderlini 2014:6-7 []
  34. Anderlini 2014:10 d’après CARDON Véronique, Dictionnaire du Moyen Age []
  35. lin teint dans Toutankhamon et sépultures coptes; – de 5% teint en Europe du Nord (femmes en bleu à Birka et Pskov et un enfant en rouge à Birka), coton teint en orient, toujours en faible proportion. []
  36. Anderlini 2014:10 []
  37. LACHAUD Frédérique, Dress and social status in England before the sumptuary laws, p.108 []
  38. Anderlini 2014:16-17 []
  39. Le premier pipe roll à avoir survécu, celui qui fut rédigé pour l’année 1130-1131, a été publié
    par la Record Commission : Magnum rotulum Scaccarii, vel rotulum pipae, anno tricesimo primo
    regni Henrici primi, éd. Joseph Hunter, Londres, 1833. Il comprend quelques indications concernant
    les achats de draps.Tous les pipe rolls pour les règnes de Henri II, de Richard Ier et de Jean sans
    Terre ont été publiés ; l’édition des pipe rolls pour le règne de Henri III est en cours, sous les
    auspices de la Pipe Roll Society. []
  40. LACHAUD Frédérique, 2006, Documents financiers et histoire de la culture matérielle. Les textiles dans les comptes des hôtels royaux et nobiliaires (France et Angleterre, XIIe-XVe siècle), Bibliothèque de l’École des chartes, t. 164, 2006, p. 71-96. (Voir sur Academia) []
  41. l’écarlate est une qualité de drap et non une couleur, au départ (Anderlini 2014:19) []
  42. ALEXANDRE-BIDON Danièle et LORCIN Marie-Thérèse, 2003, Le quotidien au temps des fabliaux, Espaces médiévaux, Picard. pp.139-140 []

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