Le jeu de Azar



Dans le Livre des jeux d’Alphonse X, se trouvent aussi les jeux de Medio Azar et Azar pujado.


Nombre de joueurs : 2


Matériel :

–         une piste de dés ;

–         3 dés à six faces.


But du jeu :

 

Définir puis obtenir un score gagnant avant un score perdant.


Règles :


Vocabulaire :

  • Si la somme des trois dés fait 3,4,5,6 ou 15,16, 17,18, c’est un azar (un score difficile à obtenir).
  • Un score de chance (un score facile à obtenir) est compris entre 7 et 14 inclus.
  • Un azar obtenu après la définition du premier score de chance s’appelle un reazar.1

1) Au premier lancé des trois dés,

– si le joueur obtient un azar, il gagne tout de suite la mise. La partie s’arrête.

– sinon, il obtient un score de chance pour son adversaire.


2) Le premier joueur relance les trois dés :

         – s’il obtient un azar, cela s’appelle maintenant un reazar, il perd ;

         – s’il obtient un score de chance, différent du premier, cela sera le sien ;

         – s’il obtient un score de chance, identique au premier, il faut tout recommencer.


3) Ensuite, les joueurs lancent à tour de rôle :

         – les azares sont ignorés ;

         – les scores de chance non attribués aussi ;

– le premier score de chance obtenu fait gagner son propriétaire.

Dit autrement : Si un joueur obtient son score de chance, il gagne ; s’il obtient le score de chance de son adversaire, il perd.


Traces archéologiques :

  • aucune

Traces littéraires :

  • Le jeu de Saint Nicolas, de Hilaire début XIIème siècle, puis de Jean Bodel, 1201-1202 ;
  • Fabliau de St Pierre et du Jougleor, v.164-167, début XIIIe s. Ce fabliau nous relate la garde des âmes de l’enfer par un jongleur trépassé. En l’absence des diables, il se fait tenter par St Pierre qui lui reprend les âmes aux dés aux jeux de hasart et de A plus poinz2
  • Livre des échecs, dés et tables d’Alphonse X le Sage, 1283, San Lorenzo del Escorial, Ms. TI.6, f°67r
  • Variante du Zara, Chant VI, Cantique II, Purgatoire de la Divine Comédie de Dante Alighieri, entre 1307 et 1321. Les azari ne sont que {3; 4; 17; 18}.
  • 1350-1370, Berinus, roman en prose,3 mentionne un tout jeune héros jouant aux dés :« […] et quant il fu d’entendement, si apprit a jouer au hazart ne autre jeu ne lui plaisoit que le jeu des dez et de tremerel ; ce estoit toute sa joie et son déduit, n’a d’autre chose il n’entendait ne jour ne nuit ; et souvent en laissoit le boire et le manger pour jouer aux dez »

Comparer avec le manuscrit source et le texte décompressé en castillan :



Texte décompressé en gardant les repères de pagination de la page du manuscrit pour faciliter la comparaison, Aisling-1198
























Jesús Basulto Santos a montré que le joueur qui commence a lancer les dés à une probabilité de gagner de 0,5187, soit un avantage de 1,87 %.



 

Bibliographie :

 

  • ALFONSO X EL SABIO, 1283/2007, Libro de los juegos : acedrex, dados e tablas, Ordenamiento de las tafurerias, Biblioteca Castro, Fundacion Jose Antonio de Castro, Madrid, pp 263-264.
  • Jesús Basulto Santos /José Antonio Camúñez Ruiz /Francisco Javier Ortega Irizo, 2006, Université de Séville,El juego que llaman azar del libro de los dados de Alfonso X el Sabio, dans  Historia de la probabilidad y la estadística (III), Delta Publicaciones, pp. 2-12
  • MEHL Jean-Michel, 1997, Les jeux de l’enfance au Moyen Age, dans FOSSIER Robert (Dir.), La petite enfance dans l’Europe médiévale et moderne, Actes des XVIe Journées internationales d’Histoire de l’abbaye de Flaran, Presses Universitaires du Mirail, p 52
  • NOOMEN Willem/Nico van den BOOGAARD, 1983, Nouveau Recueil Complet des Fabliaux, Ed Van Gorcum & comp,  T.1, pp. 127-160



Fiche réalisée par l’association  Aisling-1198 ;


contact : aisling – neuf.fr

(remplacer le – par @)





Notes:

  1. C’est ce que nous obtenons du texte castillan et de la traduction de Musser-Golladay (2007,408). Cela amène plusieurs contradictions. Tout d’abord avec la règle du Livre des jeux de Medio azar, qui définit effectivement azar et reazar comme deux ensembles d’événements complémentaires. Au-delà du nom, dans Medio azar et azar, les ensembles ne sont pas les mêmes. Autre contradiction, avec les variantes ultérieures du jeu de Hasard du XVIIIe s. . C’est ce qui a dû conduire Jesús Basulto Santos et son équipe à définir le reazar comme l’ensemble des événements {7,8,9,10,11,12,13,14}. Nous nous étions basés sur cet article. Nous revenons à une version plus proche du texte du Livre des jeux, même si elle introduit des discontinuités. []
  2. Glossaire de la langue romane rédigé d’après les manuscrits de la Bibliothèque impériale, ROQUEFORT Jean-Baptiste-Bonaventure T.2, 1808, p. 625 et NOOMEN Willem/Nico van den BOOGAARD, Nouveau Recueil Complet des Fabliaux, Ed Van Gorcum & comp,  T.1, 1983, pp. 127-160 []
  3. Berinus, éd. R. Bossuat, Paris, 1931, I, p. 15 dans MEHL Jean-Michel, Les jeux de l’enfance au Moyen Age, dans FOSSIER Robert (Dir.), La petite enfance dans l’Europe médiévale et moderne, Actes des XVIe Journées internationales d’Histoire de l’abbaye de Flaran, Presses Universitaires du Mirail, 1997, p52 []

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