Renard et poules – 1


renard et poules - Aisling-1198

Fox and geese (Angleterre), Lupo e pecore (Italie), fuchs und Gänse (Allemagne), Schaap en wolf (Hollande), Räfspel (Suède), Ref-skak (Islande), Volky ovtsy (Russie)1


Nombre de joueurs :             2


Matériel :

–         un plateau en croix au tracé d’une diagonale sur deux de l’alquerque ;

–         1 renard et 13 poules.


But du jeu :

 C’est un jeu de chasse : deux camps dissymétriques en effectif et en objectif. Le renard doit manger les poules, les poules doivent bloquer le renard.

Disposition initiale.


Règles :

  

Le renard et les poules peuvent se déplacer d’une case en suivant n’importe quelle ligne, en avant comme en arrière.


Seul le renard peut manger une poule en sautant par dessus comme à l’Alquerque. La prise multiple est possible mais pas obligatoire. Une poule mangée est retirée du jeu.


Les poules gagnent si au tour de jeu du renard, celui-ci ne peut plus se déplacer.


Il faut au moins 5 poules pour bloquer le renard (centre d’un côté de bras de la croix). Le renard est donc vainqueur s’il mange 6 poules. Au delà, le carnage continue mais n’intéresse plus le joueur des poules. Il vaut mieux recommencer une partie… en changeant les rôles.


Un joueur expérimenté contrôlant les poules gagnera toujours s’il ne fait aucune erreur ! Le système de jeu est analogue à la chasse au lièvre, décrite en 1283 dans le Livre des jeux d’Alphonse X.


Traces archéologiques :

  • graffiti d’un plateau en croix sur la débredinoire XIIe siècle de la tombe de St Osamund, Cathédrale de Salisbury, Angleterre. Mark Hall analyse ce plateau comme trop petit et trop peu visible pour être jouable. Il y voit une trace de dévotion en lien avec deux miracles de ce saint, mentionnés dans une enquête papale de 1450, sur des blessés lors de jeux de plein air (batte et palet).2 Un autre graffiti de ce motif peut également être interprété comme une marque votive sur la tombe du XIIe siècle attribuée à Lord Stourton, Salisbury3
  • Plateau gravé sur une pierre plate trouvée dans le puits du château de Norwich4
  • Graffiti dans le cloître XIIIe s. de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, Rome, Italie5
  • Graffiti partiel sur un banc de pierre du cloître de l’abbaye de Gloucester, avec essentiellement les diagonales6
  • Un inventaire domestique d’Edouard IV, roi d’Angleterre de 1461 à 1483, fait mention de « deux renards et 26 limiers en argent plaqué or  achetés pour former deux jeux de Marelles. « two foxis and 26 hounds of silver overgilt »7
  • Boîte de jeu vers 15008 conservée au Musée de Cluny, Paris, 39,9 x 24,2 cm en ébène, noyer et ivoire. Un Renard et poules côtoie un échiquier, mérellier, tric-trac et un tourniquet et un glic.

Plateaux non datés :


Traces littéraires :

  • La saga de Grettir, Islande, écrite avant 1300, mentionne le hala-tafl. Catherine Breyer réfute son identification avec le ref-tafl ou ref-skak (jeu du renard) que proposait Fiske, repris par Murray.
  • On  retrouve ce jeu dans sa forme d’origine en Islande et en Angleterre (Lincolnshire et Shropshire) au XXe siècle

 Bibliographie :

  • BREYER Catherine, 2010, Histoire des jeux et jouets à travers les âges. Histoire et règles de jeux égyptiens, antiques et médiévaux, Editions Safran.
  • HALL Mark, 2012, Des jeux gravés dans la pierre. Graffiti des cathédrales, monastères et églises paroissiales en Grande Bretagne (The Permanence of Stone), Revue Histoire et images médiévales, Thématique n°28, Fév-avril 2012, pp. 30-33.
  • JONQUAY Sylvestre, MÜLLERS Fabian, 2016, Les jeux au Moyen Age, 2e édition, Auvilliers en Gâtinais, Editions La Muse, 305 p. (A paraître fin mars 2016, participer au crowdfunding de l’éditeur associatif).
  • LHOTE Jean-Marie, 1994, Histoire des jeux de société et Dictionnaire des jeux, Flammarion, pp. 391, 393, 596.
  • MASSON Nicole, CLERMONT Pauline, 1999, Les jeux du Monde entier, Marabout.
  • MICKLETHWAITE J. T., 1892, On the indoor games of schoolboys in the Middle Ages, Archaeological Journal 49, pp 319-28.
  • PARLETT David, 1999, The Oxford History of Board Games, Oxford University Press, pp. 185-192.
  • UBERTI Marisa, 2012, The Merels board Enigma, with the worldwide census, publié à compte d’auteur, traduit de l’italien par Gianluca Toro, (ilmiolibro.it) existe aussi en version numérique.

Fiche réalisée par l’association  Aisling-1198 ;

contact : aisling – neuf.fr

(remplacer le – par @)


Notes:

 

 

  1. MURRAY Harold James Ruthven, A history of board-game other than chess, Oxford University Press, Clarendon, 1951, p 101 []
  2. HALL Mark, Des jeux gravés dans la pierre. Graffiti des cathédrales, monastères et églises paroissiales en Grande Bretagne (The Permanence of Stone), Revue Histoire et images médiévales, Thématique n°28, Fév-avril 2012, pp. 30-33; photo de la débredinoire et du plateau p.32 []
  3. UBERTI Marisa, The Merels board Enigma, with the worldwide census, publié à compte d’auteur, traduit de l’italien par Gianluca Toro, 2012 (ilmiolibro.it) existe aussi en version numérique. p. 217 et HALL Mark, Des jeux gravés dans la pierre. Graffiti des cathédrales, monastères et églises paroissiales en Grande Bretagne (The Permanence of Stone), Revue Histoire et images médiévales, Thématique n°28, Fév-avril 2012, pp. 30-33, essentiellement p.33, pour l’analyse de la demande d’intercessions auprès des notables pouvant être considérés comme des soutiens spirituels et  la comparaison avec la tombe de Sir William Wodehouse []
  4. MURRAY Harold James Ruthven, 1951, op. cit., p 102; référence confirmée par photo. Nous remercions Charlotte Lapiche du Château Guillaume-le-Conquérant de Falaise d’avoir transmis notre demande à l’équipe de Norwich. []
  5. MURRAY Harold James Ruthven, 1951, op. cit., p 102, Miss K. M. E. Murray []
  6. MURRAY Harold James Ruthven, 1951, op. cit., p 102; UBERTI Marisa, 2012, Op. cit., p. 211 []
  7. MICKLETHWAITE J. T., On the indoor games of schoolboys in the Middle Ages, Archaeological Journal 49, 1892, pp 322; MURRAY Harold James Ruthven, A history of board-game other than chess, op. cit., p 98 et 102 []
  8. Plutôt considérée XVIe aujourd’hui, voire XVIIe. La datation autour de 1500 a été conservée en raison de l’inscription en écriture gothique et en l’absence d’examen de datation. Collectif, Art du jeu, jeu dans l’art. De Babylone à l’occident médiéval, catalogue de l’exposition du 28 nov. 2012 au 4 mars 2013 au Musée de Cluny, Réunion des Musées Nationaux,Paris, 2012, p. 67; NETCHINE Eve, dir., Jeux de princes, jeux de vilains, catalogue de l’exposition, Ed Seuil / BNF, 2009, pp. 26-27 []

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Protected by WP Anti Spam

visiteurs en ligne : 1 / visiteurs uniques au total : 64474 / visiteurs uniques de la page : 2650
Compteur mis en place nov. 2015.